Etat des ressources en eau de La Réunion
août 28, 2006
Le 14 juin 2006, l’Office de l’Eau a présenté son bilan trimestriel sur l’état des ressources en eau de La Réunion, la qualité des eaux superficielles et souterraines de l’île. Si l’approvisionnement en eau potable ou pour l’irrigation est assurée pour les mois à venir, en revanche, il faut se pencher sur la pollution de l’eau qui au niveau de certaines rivières doit interpeller.
LES deux épisodes pluvieux du début de l’année, en février puis en mars 2006 avec la tempête tropicale Diwa, ont reconstitué les ressources en eau de l’île, dont le tarissement commençait à devenir préoccupant. L’ensemble des cours d’eau et des rivières a connu des crues notables ou conséquentes, mais pas exceptionnelles, au regard des précipitations enregistrées pour Dina en 2002.
En ce début d’hiver austral, en termes d’usages de nos ressources en eau superficielle, les trois quarts de l’île sont en situation excédentaire. Restent la région Sud et le secteur des Plaines qui sont encore déficitaires. Les retenues d’eau artificielle sont remplies, l’approvisionnement en eau potable ou pour l’irrigation est garanti pour les mois à venir.Un stockage éphémère
Si les eaux souterraines ont également bénéficié de ces deux phénomènes pluvieux salvateurs, en particulier dans le Nord et le Nord-Ouest de l’île, les deux derniers mois de relâche pluviométrique ont conduit à un nouveau phénomène de tarissement. Les précipitations ont certes amélioré l’état des ressources, mais elles sont amenées à nouveau à se dégrader jusqu’à la prochaine saison des pluies, et c’est particulièrement vrai dans le Sud tributaire de la pluviométrie des prochains mois.
Pour Jean-Luc Folio, hydrogéologue à l’Office de l’eau, “les nappes réunionnaises ont une excellente capacité de stockage. Mais cela ne perdure pas car les eaux sont progressivement chassées en mer (…). Plusieurs épisodes pluvieux sont plus bénéfiques pour les nappes qu’un ou deux épisodes intenses”. Quant à la qualité des eaux de surface, elle varie d’un cours d’eau à l’autre de l’île, d’un paramètre de mesure à l’autre. Olivier Navarro, ingénieur qualité des eaux à l’Office de l’Eau, explique que la pollution peut se traduire soit par les eaux usées, soit par l’élevage.Les nitrates : “paramètre dégradant”
Les analyses faites au niveau de la Rivière du Mat, à Saint-André, ne sont pas satisfaisantes, les résultats sont même “très mauvais” : plus de 50 mg/l de matières en suspension et plus de 1 mg/l de phosphore. Idem au niveau de la Rivière Saint-Étienne, à Saint-Pierre, qui enregistre beaucoup trop de matières en suspension, charriées à l’aval des cours d’eau par les pluies. Dans l’Ouest cette fois, la Ravine Saint-Gilles enregistre un taux très élevé de nitrates, généralement satisfaisant sur l’ensemble des rivières de l’île. Engrais agricoles ou eaux usées ? Olivier Navarro met en cause le dysfonctionnement de la station d’épuration, rappelant qu’à La Réunion près de 60% des habitations ne sont pas reliées à un système collectif de fosse septique et qu’il y a de vrais soucis de fonctionnements. L’analyse des eaux souterraines de la Rivière Saint-Gilles n’est guère plus conluante : la bactériologie offre une eau de très mauvaise qualité. Les eaux de surface sont également passablement polluées par des bactéries issues de l’élevage dans le périmètre de l’Hermitage, Saint-Denis et plus largement dans la Région Est. Enfin, Olivier Navarro souligne que contrairement au taux de nitrates habituellement enregistré de 1 ou 2 mg/l, les eaux souterraines de l’île semblent particulièrement affectées par ce paramètre élevé entre 13 et 15 mg/l. Sur Saint-Denis, Saint-Louis, sur plusieurs points de contrôle dans l’Ouest. Il rappelle que c’est “un paramètre dégradant qui s’élève au fur et à mesure du temps.” Si cette proportion est encore qualifiée de “moyenne”, il ne faut que quelques milligrammes par litre pour atteindre le “médiocre” et le “très mauvais”.
Stéphanie Longeras
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