SOURCE Marc Kichenapanaïdou

Environnement : depuis quelques années, ce mot, auparavant inconnu, est sur toutes les lèvres, et il a aussi envahi les médias. Le milieu dans lequel nous vivons, notre cadre de vie, l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons ou dans laquelle nous nous baignons, les animaux, les arbres, les maisons qui nous entourent, tout cela constitue notre environnement. Et si l’on parle tant de celui-ci, aujourd’hui en ce 21ème siècle, c’est parce que l’accroissement prodigieux des habitants de notre Terre et leurs puissances techniques sans cesse croissantes portent en eux toutes les potentialités d’un mieux vivre mais aussi paradoxalement toutes les capacités nocives qui peuvent concourir à notre disparition.

ENVIRONNEMENT

COMMENT ne pas cautionner les efforts des villes de l’île, des Communautés de communes, pour enrayer la pollution sur cette minuscule portion de notre planète. Cela suffit-il ? non ! Mille fois non. Comme on ne peut pas mettre un gendarme derrière chaque citoyen, ni un élu derrière chaque “pollueur”, alors il faut que nous prenions tous nos responsabilités, chacun de nous devra agir en citoyen responsable.

Le C.T.R. (Comité du tourisme régional), les Syndicats de tourisme des communes lancent des appels pressants à travers leurs publicités pour vanter notre île, en la dénommant “île propre”, “île intense”. Malheureusement, la réalité la révèle autrement. Notre île devient de plus en plus une île où les déchets défigurent notre patrimoine paysager.
Qui d’entre nous peut dire sans rire, que notre île est une île touristique qui attire les touristes du pays comme de l’extérieur ? J’ai parcouru en long et en large cette île. La pollution est partout.

Il y a deux types de pollueurs :

- Le pollueur non intentionnel qui jette à droite et à gauche ses déchets sans tenir compte, ni pour lui, ni pour les autres, de son environnement. Sans aucun doute une bonne information et formation seraient nécessaires à grande échelle.

- Le pollueur conscient qui pollue pour “le plaisir” de polluer. Celui-là défie les lois, l’environnement, les habitants de ce pays.

Le principe du “pollueur-payeur” doit s’appliquer pleinement dans notre pays. Il y a, malheureusement, trop de pollueurs intentionnels dans toute l’île.

La pollution des eaux est de plus en plus inquiétante. Il suffit à chacun, pour se rendre compte de la gravité du problème, de regarder nos rivières rouler ses eaux répugnantes. Nos quelques industries s’avèrent ainsi très polluantes : c’est le cas malheureusement encore des laiteries, des sucreries, des abattoirs. De même, les insecticides, les désherbants, les engrais sont aussi des causes d’altérations des eaux. Les polluants les plus dangereux sont sans doute les détergents, c’est-à-dire ceux qui sont à la base des savons et des lessives modernes, car certains ne sont pas “biodégradables” : autrement dit, ils ne peuvent pas être détruits par les bactéries ; aussi voit-on des mousses peu esthétiques s’accumuler sur les eaux de nos rivières.

Il existe des moyens de purifier les eaux. Des stations d’épuration débarrassent celles-ci des substances polluantes (au moins de la plupart). En France ont été créées des “Agences de bassin” qui perçoivent des redevances chez les industriels pollueurs. Grâce à ces diverses mesures, la pollution des eaux en France a quelque peu régressé.
Pourquoi ne pas créer le même type d’agence à La Réunion ?

Les mers de la planète sont polluées. Le commandant Jacques-Yves Cousteau en son temps l’a déploré. Notre océan Indien n’échappe pas à cette pollution. Ce sont d’abord les hydrocarbures, c’est-à-dire le pétrole et ses dérivés qui sont la menace la plus grande. On estime que 6 millions de tonnes de pétrole sont volontairement rejetées dans les mers par les pétroliers… Et il faut ajouter à cela les collisions, les accidents de puits de pétrole sous-marin, les échouages tel que le roulier “Thor Scan” le 6 août 2005 à Saint-Denis.

Bien d’autres polluants menacent la vie maritime : le déversement des eaux usées et des excréments d’animaux et d’humains. Ainsi, tout dernièrement sur la Commune de Saint-Paul, des mains pollueuses n’ont pas hésité à déverser dans le lagon de Saint-Gilles des excréments, c’est-à-dire de la merde. (Il ne faut pas avoir peur d’employer ce mot, car j’ai entendu une journaliste de télévision, dire le mot : fécal !)

Douze kilomètres de plage polluée ! Les pollueurs ne sont, à ce jour, ni arrêtés ni condamnés. Ils sont un peu plus discrets, mais ils continuent à déverser leurs déchets dans nos mers, nos rivières et nos ravines.

La Commission permanente du Conseil régional en date du 9 août 2005 a adopté unanimement une motion visant à protéger le littoral marin. Le Conseil régional demande l’arrêt de la prolifération de constructions ou d’aménagements illégaux privant ainsi aux Réunionnais l’accès à la mer.

Comment ne pas approuver cette initiative devant les “attentats” permanents à l’environnement dans notre pays ? D’autant plus qu’il est prouvé scientifiquement que les murs sur les plages contribuent fortement à la disparition des plages (Rapport Parc marin du Conseil régional).

Les restaurants situés sur les plages ou encore les paillotes ont certes leur part de responsabilité… mais pourquoi à l’époque des constructions, les lois de la République n’avaient-elles pas été appliquées ?

Pourquoi les textes de la Charte pour l’Environnement qui est inscrite dans le 1er alinéa de la Constitution française ainsi bien au 15ème alinéa de l’article 34 de la Constitution ne sont-ils pas appliqués au département français de La Réunion ? Là, j’en appelle à nos parlementaires !

Les voleurs de poulets sont en prison… les “pollueurs-assassins” sont libres. Pourquoi ?

Nos rivières, nos mers ne doivent pas être une poubelle. On pourra faire toutes les publicités que l’on veut pour faire venir dans “cette île intense” des touristes. Si les touristes Réunionnais ou de l’extérieur, doivent se baigner dans nos mers, entourés de merde ou se promener dans nos montagnes avec nos ravines, nos sentiers couverts de déchets, alors Adieu touriste, adieu “île intense” !

Je lance un appel aux Saint-Pauloises et Saint-Paulois – c’est là où j’habite – et à l’ensemble des Réunionnais, pour mettre, très rapidement, un “Comité de lutte contre les pollueurs” qui détruisent quotidiennement notre pays et qui laissent un avenir sombre à nos enfants d’aujourd’hui et de demain. Ils peuvent me contacter au 0262-24-87-12 ou par email : grahter.saline@wanadoo.fr

 Marc Kichenapanaïdou

powered by performancing firefox

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.