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Journal de l’Ile de la Réunion, le quotidien d’information francophone dans l’océan Indien | Clicanoo.com

Depuis le mois de mars, les riverains de la route de la Petite-Plaine ont remué ciel et terre pour demander l’enlèvement d’un dépôt de matériaux qu’ils jugent insalubres. L’entrepreneur qui l’utilise fait la sourde oreille, malgré les mises en demeure des autorités. À bout de patience, les habitants, qui n’ont cessé de brandir le spectre du chikungunya, ont prévu d’organiser une manifestation demain mercredi.

[29 août 2006]

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Pétition avec une quarantaine de signatures, démarches auprès de la préfecture et de la mairie, conférence de presse… Toujours rien n’a bougé ou presque depuis que quelques habitants de la route de la Petite-Plaine ont commencé à dénoncer, depuis le mois de mars dernier, la présence d’un “dépotoir au cœur du quartier” pour utiliser leurs propres termes (voir nos précédentes éditions). L’entrepreneur qui y a déposé tôles, planches, parpaings, tuyaux, appareils sanitaires usés et autres matériaux de construction, a totalement ignoré la demande. Pas la moindre réaction, “à part l’installation de statues de divinité hindoue et quelques tontes de gazon”, malgré un arrêté préfectoral relatif à la nécessité d’enlever tout “dépôt insalubre sur la commune” suivi d’une mise en demeure par la mairie de la Plaine-des-Palmistes. Le délai de deux mois, accordé par la municipalité à l’entrepreneur est expiré depuis le 23 juillet dernier mais ce dernier ne s’est toujours pas exécuté. Au grand dam des riverains qui n’ont cependant pas baissé les bras. Depuis le début, ils ont évoqué “la menace sur la santé publique que représentait le dépotoir, en période d’épidémie de chikungunya”.

REPRISE DU DIALOGUE

Leur crainte s’est récemment amplifiée avec les dernières conclusions des scientifiques concernant la résistance du moustique au delà des 1200 m. Un sujet abordé lors d’une réunion d’information qu’ils ont organisée samedi dernier chez un habitant, animée par l’association Île de la Réunion contre le chikungunya (IRCC) présidée par Josette Brosse. Celle-ci a notamment rappelé à la vingtaine de personnes présentes, les précautions à prendre, la nécessité d’isoler les malades mais aussi les cycles de vie des moustiques vecteurs de la maladie. Toutefois, l’IRCC ne participera pas à la manifestation que les habitants ont prévu d’organiser demain après-midi. “Nous avons préféré prendre connaissances du dossier d’abord, tout en prônant une reprise du dialogue entre les parties concernées”, a précisé Josette Brosse qui pense que “la mairie devrait être à même de régler le conflit”. Le maire par délégation Jean-Marc Marianne, lui, se montre très prudent et s’interroge si dans cette histoire, “Le chik ne serait-il pas qu’un bouc émissaire ? La mairie n’a rien à se reprocher”. “Il s’agit d’un problème de particulier à particulier. En revanche, si ça représente réellement un danger pour la santé publique, la commune n’attendra pas pour intervenir. D’ailleurs, en collaboration avec la Cirest, toutes les dispositions ont été prises sur le territoire de la Plaine-des-Palmistes – nettoyage des ravines, démoustication dans les écoles… – même à l’époque où l’on disait que les moustiques ne venaient pas chez nous”. Par ailleurs, Jean-Marc Marianne a fait savoir qu’après plusieurs rendez-vous manqués avec l’entrepreneur en question, ce dernier s’est enfin rendu à la mairie hier après-midi. Il aurait alors expliqué que les matériaux seraient destinés à la construction d’un bâtiment et qu’il ne s’agit nullement d’un stock de matériaux usés. La police municipale aurait confirmé cette thèse.

APPEL À LA DRASS

Pour répondre à la question de savoir, “l’endroit est-il insalubre ou pas ?”, la municipalité préfère “faire appel aux services de la Drass” comme l’a indiqué M. Marianne : “Ensuite, nous allons agir en fonction des réponses que nous aurons auprès de la Drass”. Les riverains ne voient de bon œil cette démarche et se tiennent prêts à manifester demain mercredi, “pour demander à la mairie de faire appliquer la loi. Dans un courrier du 4 juillet que la préfecture nous a adressé, il est clairement indiqué que le problème de salubrité relève de la compétence du maire et de personne d’autre”. Et de se demander aussi “pourquoi le caractère insalubre du site est remis en cause aujourd’hui alors que la municipalité a déjà procédé à une mise en demeure à l’encontre de l’entrepreneur de retirer les éléments stockés, au mois de mai ?”. Les riverains souhaitent obtenir une bonne fois pour toute, des réponses claires et précises demain après-midi à la mairie à la suite d’une marche dont le départ est prévu devant l’arrêt de bus de la rue Berthin à partir de 14h30.

P.R.

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[18 août 2006]

Extrait...

Classées parmi les déchets dangereux à retraitement obligatoire et strictement réglementé, 6 000 batteries usagées en partance pour la Malaisie ont été interceptées par les douaniers. Un récupérateur de métaux véreux s’apprêtait à les exporter en douce, dissimulées sous des couches de tôles dans six containers.

Une cargaison de 90 tonnes de batteries usagées entreposées dans six containers a été saisie début août au Port par les services des Douanes. La découverte a été faite par des douaniers au cours d’un contrôle de routine du fret. Considérées comme des déchets
dangereux, puisqu’elles renferment notamment du plomb et de l’acide, ces batteries étaient prêtes à être expédiées en Malaisie par un récupérateur de métaux du département. Ce dernier les avaient déclarées sous la fausse appellation de “pièces détachées automobiles”. Preuve qu’il était parfaitement conscient du caractère illégal de l’opération, il avait fait dissimuler les batteries sous des couches de tôles. A raison d’une tonne pour 70 batteries, ce sont ainsi plus de 6 000 objets qui sont donc placés sous douane.
Les batteries usagées doivent, depuis 1999, faire l’objet d’une procédure spécifique, sur le principe de l’échange d’une neuve contre une usagée. A La Réunion, il n’existe pas de structure de retraitement. Les batteries doivent donc être réexportées vers la métropole selon une procédure très stricte. Ce type de marchandises très polluantes pour l’environnement ne peut être exporté qu’en vertu d’une autorisation spéciale délivrée par la Drire (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement).
Dans l’île, depuis 2001, c’est l’Association de traitement des batteries de La Réunion (ATBR) qui est chargée, pour le compte des principaux importateurs de ces équipements, de les collecter et de les stocker dans un site à Sainte-Marie. Là, elles sont conditionnées en vue de leur acheminement par la SNTM vers le centre de retraitement de Metal Europe, dans la région de Dunkerque. Selon la réglementation en vigueur, le passage des batteries par certains pays est interdit. Il s’agit des nations n’ayant pas signé les accords internationaux de retraitement des déchets dangereux, notamment la convention de Bâle. En pratique, l’exportation n’est admise que dans les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), dont n’est pas membre la Malaisie. L’ATBR, qui fédère près de 80 % des importateurs de batteries, traite annuellement entre 1 300 tonnes (2003) et 1 600 tonnes (2005) de batteries usagées. C’est elle qui devra prendre en charge la cargaison saisie qui, pour le moment, reste bloquée par la douane.
Nul doute que l’addition qui sera présentée au récupérateur véreux par l’administration des Douanes sera salée. Sans présumer des éventuelles poursuites judiciaires.

SOURCE CLICANOO.COM D.V.